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Procès de Jovenel Moïse : Pierre Espérance appelle à protéger le juge chargé du dossier

L’affaire de l’assassinat de Jovenel Moïse connaît un nouveau tournant judiciaire. Alors qu’un processus d’examen du dossier se poursuit aux États-Unis et en Haïti, le directeur exécutif du Réseau National de Défense des Droits Humains, Pierre Espérance, estime qu’un « début de vérité » commence enfin à émerger autour de ce crime qui continue de secouer la société haïtienne près de cinq ans après les faits.

Selon Pierre Espérance, la désignation d’un juge chargé de compléter le dossier représente une étape importante dans le processus judiciaire. Il appelle toutefois les autorités judiciaires à garantir l’indépendance et la sécurité du magistrat afin qu’il puisse mener son travail sans pression ni menace.

Le responsable du RNDDH soutient que le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire devrait accompagner le juge en mettant à sa disposition les moyens nécessaires pour assurer la poursuite de l’enquête. Il insiste notamment sur les questions de sécurité, aussi bien pour le magistrat que pour sa famille, dans un dossier considéré comme extrêmement sensible.

Dans sa déclaration, Pierre Espérance affirme que l’enquête doit désormais dépasser les simples spéculations politiques et s’orienter vers les circuits financiers liés au crime. Il estime que la justice haïtienne doit chercher à identifier l’origine des fonds, les transactions réalisées dans certaines banques privées de la capitale ainsi que les acteurs intellectuels et matériels impliqués dans l’assassinat de Jovenel Moïse.

Le défenseur des droits humains critique également certaines prises de position qu’il juge orientées politiquement. Selon lui, plusieurs proches de l’ancien président ainsi que des figures liées au Parti Haïtien Tèt Kale chercheraient surtout à attribuer la responsabilité du crime à des personnalités de l’opposition, plutôt qu’à favoriser une recherche approfondie de la vérité judiciaire.

Pierre Espérance rappelle que près de cinq ans après les faits, le pays ne peut plus rester dans les déclarations publiques et les accusations sans preuves. Il souligne qu’un procès est déjà engagé aux États-Unis et qu’en Haïti, un juge travaille actuellement sur le dossier après les audiences réalisées à la Cour d’appel.

Le directeur exécutif du RNDDH affirme également que son organisation a déjà été entendue à plusieurs reprises dans le cadre de cette affaire. Il précise que des informations et des éléments recueillis par le RNDDH ont été transmis à la justice afin d’aider à faire avancer l’enquête.

Alors que le dossier de l’assassinat de Jovenel Moïse demeure l’un des plus sensibles de l’histoire récente du pays, les appels à une justice indépendante, crédible et sécurisée continuent de se multiplier au sein de la société haïtienne.

La rédaction.

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