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Cap-Haïtien :le ministre lavalas Joseph Almathe Pierre Louis a pris la poudre d’escampette

La crise s’aggrave dans la deuxième ville du pays. Ce jeudi, le Cap-Haïtien est paralysé par une vague de protestations qui révèle, une fois de plus, l’incapacité des autorités à répondre aux urgences structurelles. Écoles fermées, axes routiers bloqués, activités économiques au ralenti : la ville vit au rythme de la colère.

À Madeline, à l’entrée est, comme à Vertières au sud, des barricades dressées par des habitants excédés empêchent toute circulation. Les revendications sont pourtant claires et anciennes : réhabilitation des routes défoncées, curage des caniveaux, drainage des eaux usées. Des exigences de base, ignorées depuis des années.

Malgré l’arrivée en urgence d’une délégation gouvernementale mandatée par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, la situation reste explosive. Conduite par le ministre de l’Intérieur Paul Antoine Bien-Aimé, la mission comprend également le ministre de l’Environnement Valery Fils-Aimé et celui des Travaux publics, Joseph Almathe Pierre Louis.

Mais loin d’apaiser les tensions, cette visite officielle a tourné au fiasco. Pris à partie par une foule en colère, le ministre des Travaux publics aurait été contraint de battre en retraite dans la précipitation, dans ce que plusieurs témoins décrivent comme une véritable fuite. Une scène humiliante pour les autorités, symptomatique d’un profond divorce entre l’État et la population.

Sur le terrain, les dégâts causés par plusieurs jours de pluies diluviennes sont considérables : quartiers inondés, maisons envahies par les eaux, canaux obstrués, routes impraticables. L’absence d’entretien et d’anticipation transforme chaque intempérie en catastrophe humanitaire. Face à cette réalité, les promesses gouvernementales sonnent creux.

La délégation évoque des mesures à venir, notamment le curage des canaux et l’application du programme « Haïti Zéro Déchet » piloté par le SNGRS. Elle conditionne toutefois ces actions à la publication d’un arrêté municipal visant à freiner les constructions anarchiques. Une justification jugée insuffisante par des citoyens qui dénoncent des années de négligence, voire de détournements présumés de fonds publics alloués en période de crise.

Au-delà de la gestion immédiate de cette crise, c’est toute la question de la gouvernance territoriale qui est posée. Comment expliquer qu’une ville aussi stratégique que Cap-Haïtien demeure aussi vulnérable ? Pourquoi les mêmes problèmes persistent-ils, malgré les annonces répétées et les fonds débloqués ?

Dans le Nord, la population ne demande plus des promesses, mais des actes. Et face à une colère qui ne faiblit pas, le pouvoir central semble, une fois de plus, dépassé.

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