
Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) a officiellement saisi le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) pour dénoncer ce qu’il qualifie de graves irrégularités dans le traitement du dossier relatif à l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse.
Dans une correspondance datée du 22 mai 2026, adressée au président du CSPJ, le RNDDH accuse le juge d’instruction Cyprien Jean F. Denis Pierre d’avoir ordonné des mesures jugées excessives contre son directeur exécutif, Pierre Espérance, ainsi que contre les locaux de l’organisation.
Selon le document consulté par notre rédaction, une ordonnance de perquisition visant la résidence de Pierre Espérance à Delmas 75 ainsi que le siège du RNDDH a été émise le 19 mai 2026. Le magistrat aurait également autorisé la saisie de documents liés à l’enquête.
Le RNDDH affirme ne pas s’opposer aux investigations judiciaires autour de l’assassinat de Jovenel Moïse, mais estime que certaines décisions reposeraient davantage sur des accusations relayées sur les réseaux sociaux que sur des éléments de preuve solides.
L’organisation évoque aussi des soupçons de comportements contraires à l’éthique judiciaire, notamment des rencontres présumées entre le juge et certains inculpés en dehors du cadre légal de l’instruction.
Le RNDDH considère que ces pratiques risquent d’affaiblir davantage la confiance déjà fragile envers le système judiciaire haïtien. L’organisation annonce également envisager des démarches auprès d’instances internationales de défense des droits humains afin d’alerter sur ce qu’elle présente comme des menaces contre l’espace civique en Haïti.
