
Delmas, 17 janvier 2026..- À quelques semaines de la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), fixée au 7 février, des organisations féminines haïtiennes ont tiré la sonnette d’alarme sur leur mise à l’écart des processus politiques. Réunies au sein de la plateforme Fanm Angaje pou Ayiti, elles ont organisé une conférence de presse à Fragneauville afin de revendiquer une participation réelle aux négociations en cours.
L’initiative, soutenue par plusieurs collectifs féminins et structures alliées, s’inscrit dans une dynamique de mobilisation visant à renforcer la présence des femmes dans les sphères de décision. Le message central était clair, sans l’implication des femmes, aucune transition politique ne peut être crédible.
Intervenant au nom de la plateforme, Marjorie Michel a expliqué que Fanm Angaje rassemble plus de 54 organisations féminines réparties sur l’ensemble du territoire national. Elle a précisé que cette rencontre marque le début d’un cycle de consultations destiné à favoriser un consensus entre les femmes engagées dans la vie publique.
Selon elle, malgré leur poids démographique, les femmes demeurent marginalisées dans les institutions politiques. « La majorité de la population est féminine, mais les postes de décision restent largement dominés par les hommes », a-t-elle déploré, appelant à une représentation plus équilibrée au sein des structures de gouvernance.
La responsable a également pointé du doigt la faible influence des femmes au sein du Conseil présidentiel de transition, estimant que leur présence reste insuffisante pour peser sur les orientations politiques du pays.
Pour sa part, Marie Sheila Martiné, représentante de l’organisation RÉALITÉ FANM, a évoqué les difficultés structurelles auxquelles sont confrontées les femmes haïtiennes, notamment l’insécurité, la précarité économique et la charge familiale.
« Malgré les obstacles, ce sont les femmes qui assurent la stabilité de nombreuses familles et contribuent au fonctionnement de la société », a-t-elle affirmé, plaidant pour une reconnaissance institutionnelle de leur rôle.
Les participantes ont réitéré leur détermination à poursuivre la mobilisation afin d’obtenir une place officielle dans les discussions politiques à venir. Elles estiment que toute réforme durable doit intégrer les voix féminines pour répondre aux besoins réels de la population.
La rédaction.
