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Révocation du Premier ministre : l’Accord de Montana veut rompre avec une transition sous influence

La révocation du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé par le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) marque une nouvelle séquence politique majeure en Haïti. Dans une note de presse acheminée à notre rédaction ce dimanche 25 janvier 2026, l’Assemblée des signataires de l’Accord de Montana y voit bien plus qu’un simple changement de personnel gouvernemental, elle y lit le symptôme d’une crise structurelle profonde et d’un système de gouvernance sous influence.

Selon le comité de pilotage, la crise haïtienne actuelle ne relève plus uniquement de la fragilité institutionnelle, mais d’une confrontation directe entre deux logiques , celle d’une majorité populaire appauvrie et celle d’une minorité économique qui, historiquement, contrôle les leviers du pouvoir politique et économique.

L’organisation dénonce ouvertement l’ingérence de certains groupes économiques dans les décisions politiques nationales, notamment à travers des prises de position publiques visant à orienter les choix institutionnels du pays. Une dynamique qu’elle considère comme une menace directe contre la souveraineté nationale, la démocratie et l’intérêt général.

Face à cette situation, l’Accord de Montana propose une nouvelle trajectoire politique fondée sur trois axes majeurs.

la désignation d’un Premier ministre intérimaire réellement indépendant,

une gouvernance de transition respectueuse du cadre légal et des décisions majoritaires,

et l’ouverture rapide d’un dialogue national inclusif réunissant les forces politiques, sociales et populaires avant l’échéance du 7 février 2026.

Le comité met également en garde contre toute instrumentalisation de la Police nationale d’Haïti à des fins politiques, qualifiant ces pratiques de facteur aggravant de la crise sécuritaire et institutionnelle.

Dans un contexte marqué par l’instabilité, la défiance citoyenne et l’effondrement des mécanismes de confiance publique, l’Assemblée des signataires de l’Accord de Montana appelle à une rupture claire avec les modèles de transition capturés par des intérêts de classe, et à la construction d’un processus politique fondé sur la souveraineté populaire, la justice sociale, l’équité et la dignité nationale.

La rédaction.