
Port-au-Prince, vendredi 18 juillet 2025.- L’Office National de la Migration (ONM) a poursuivi, ce vendredi, sa campagne de relocalisation des déplacés internes en remettant des chèques d’un montant de 99 000 gourdes à environ 300 familles. La distribution s’est déroulée dans les locaux de la Faculté de Linguistique Appliquée, où les bénéficiaires s’étaient déplacés en grand nombre.
Selon Jean Négot Bonheur Delva, directeur général de l’ONM, cette aide financière vise à soutenir les personnes déplacées dans le processus de relocalisation et de sortie des sites d’hébergement précaires. Il précise que chaque bénéficiaire a dû signer un acte d’engagement à quitter définitivement les lieux qu’ils occupaient, dans le but de libérer les espaces publics, notamment les bâtiments universitaires.
« L’objectif, c’est de permettre au ministère de l’Éducation nationale et au rectorat de l’Université d’État de récupérer ces espaces occupés depuis plusieurs années », a déclaré M. Delva, soulignant que cette initiative est une réponse concrète à la crise humanitaire engendrée par les conflits armés dans plusieurs zones de la capitale.

Le responsable de l’ONM insiste par ailleurs sur l’importance de la sécurité comme condition indispensable à la relocalisation et à la stabilité nationale. Il a lancé un appel clair aux groupes armés :
« Nou lanse apèl bay nèg ak zam yo pou yo kite sitwayen yo viv lakay yo an pè. Sekirite se responsabilite tout moun. »
Parmi les déplacés, plusieurs ont tenu à remercier les autorités et l’ONM pour cette initiative qu’ils qualifient de « soulagement après des années d’errance et d’humiliation ».
« Après 3 ans passés dans la rue, venant de Decayette à Carrefour-Feuilles, enfin l’État pense à nous. Grâce à ce chèque, on pourra commencer à reloger nos familles », a confié l’un des bénéficiaires.
« Les conditions dans lesquelles nous vivions étaient inhumaines. Ce soutien financier, même s’il n’est pas suffisant pour payer un loyer sur le long terme, va nous permettre de repartir à zéro. »
Certains envisagent même d’utiliser une partie de la somme pour lancer de petites activités génératrices de revenus, afin de retrouver une forme de stabilité :
« M’pral eseye mete yon ti biznis sou pye pou m ka pa tounen nan lari a », a témoigné une autre bénéficiaire visiblement émue.
Selon les autorités, cette opération de relocalisation ne concerne pas uniquement la Faculté de Linguistique. D’autres sites d’hébergement temporaire sont également ciblés. L’ONM prévoit des distributions similaires dans au moins six à sept autres zones, dans le but de rétablir la dignité des déplacés internes tout en permettant aux institutions publiques de retrouver l’usage de leurs locaux.
Cette initiative, saluée par les bénéficiaires, reste toutefois un premier pas. Les défis liés à la sécurité, à l’accès au logement et à la réinsertion socio-économique demeurent immenses. Mais pour beaucoup de déplacés, ce chèque représente une lumière d’espoir après des années de désespoir.
Valescot Wilgins
