Monday, March 16L'Informateur !

Pétion-Ville : l’OCCEDH transforme l’épreuve en opportunité et remet 286 diplômes à des jeunes touchés par la crise

Pétion-Ville, 13 décembre 2025.- Dans une atmosphère à la fois solennelle et chargée d’émotion, l’Organisation des Cœurs pour le Changement des Enfants Démunis d’Haïti (OCCEDH) a procédé, ce samedi, à la graduation de 286 enfants, adolescents et jeunes ayant complété avec succès un cycle de formation professionnelle. L’événement, organisé dans la commune de Pétion-Ville, a réuni des représentants d’institutions publiques, d’organisations internationales, de la société civile, des parents et de nombreux partenaires techniques et financiers.

La cérémonie s’inscrit dans un contexte national difficile, marqué par l’insécurité, les déplacements forcés de populations et la fragilisation accrue de la jeunesse. Pour les responsables de l’OCCEDH, cette promotion incarne avant tout une réponse concrète à l’exclusion et à la perte de repères qui frappent de nombreux jeunes haïtiens.

Prenant la parole en ouverture, la directrice de l’OCCEDH, Mme Chrislie Luca , a rappelé que plus de la moitié de la population haïtienne est composée de jeunes, une réalité qui, selon elle, impose des responsabilités collectives accrues. Elle a souligné que cette jeunesse évolue dans un environnement profondément marqué par les inégalités sociales, l’accès limité à l’éducation, à l’emploi et aux services essentiels, ainsi que par des rapports sociaux déséquilibrés.

Exprimant sa reconnaissance envers les partenaires et les accompagnateurs du projet, Mme Chrislie a affirmé que l’action de l’OCCEDH dépasse la simple assistance : il s’agit, selon ses mots, d’un engagement durable en faveur de la dignité humaine. Elle a mis en lumière le parcours souvent douloureux des bénéficiaires, dont plusieurs ont fui leurs quartiers d’origine en raison de la violence armée, se retrouvant déplacés, parfois traumatisés et sans perspectives claires.

Face à cette réalité, l’OCCEDH, avec l’appui de ses partenaires, a mis en place un cadre sécurisé d’apprentissage et de reconstruction personnelle. « L’objectif est de permettre à ces jeunes de se former, de retrouver confiance en eux et de se projeter dans l’avenir », a-t-elle expliqué.

Les 286 diplômés ont suivi des formations dans divers métiers techniques et artisanaux, notamment la mécanique moto, le dépannage de téléphones portables, la cosmétologie, la confection artisanale, le crochet et d’autres spécialités manuelles. Pour les organisateurs, ces compétences représentent des leviers concrets d’insertion socioéconomique et d’autonomisation.

Représentant l’UNICEF, Mme Inge Vervloesem a salué la détermination des jeunes et l’impact du centre soutenu par son institution, avec l’appui financier d’Education Cannot Wait. Elle a insisté sur le rôle central de l’éducation et de la formation professionnelle dans la construction de la résilience, de la stabilité et du développement durable en Haïti. Selon elle, l’initiative de l’OCCEDH illustre la capacité de partenariats solides à offrir aux adolescents des alternatives crédibles face aux risques de marginalisation.

De son côté, la représentante de l’IBERS, Mme Pierre Emmanuela Tanis, a estimé que former des jeunes issus de milieux vulnérables constitue un investissement stratégique pour l’avenir du pays. Elle a rendu hommage aux parents et aux encadreurs, qualifiés de premiers piliers du parcours éducatif des bénéficiaires, avant d’encourager les diplômés à ne jamais renoncer à leurs ambitions.

Moment particulièrement attendu, l’intervention de M. Modibo Traoré, adjoint du secrétaire général des Nations unies en Haïti et parrain de la promotion, a conféré à la cérémonie une portée symbolique forte. Il a expliqué que la visite du centre de l’OCCEDH avait été volontairement intégrée à son agenda officiel afin de montrer, à l’échelle internationale, une autre image d’Haïti : celle d’un pays capable de produire des initiatives positives malgré les adversités.

Saluant la promotion “Renaissance”, M. Traoré a mis en avant le courage de ces jeunes issus de communautés affectées par la violence, qui ont choisi la formation plutôt que l’abandon. Il a également rendu un hommage appuyé à un jeune disparu au cours du programme, rappelant que chaque parcours compte et que chaque réussite collective est aussi une victoire contre l’exclusion.

Au terme de la cérémonie, un message commun s’est dégagé des différentes interventions : cette graduation ne constitue pas une finalité, mais une étape déterminante vers l’autonomie et l’intégration sociale. Pour l’OCCEDH et ses partenaires, ces 286 diplômés représentent une génération capable de contribuer activement à la reconstruction du pays.

La rédaction.