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MUSIQUE: mois après la disparition de Thione Seck, Oumar Pène lui dédie un album-hommage

Oumar Pène va rendre hommage à Thione Seck. Le leader du Super Diamono va dédier un album «à un ami, un camarade et un chanteur émérite». L’album va s’intituler «Thione» et est attendu incessamment.

 La disparition de Thione Ballago Seck est fraîche dans la mémoire collective sénégalaise et ce, 6 mois après son décès. Oumar Pène, qui faisait partie, avec Ismaïla Lô et Youssou Ndour, des concurrents du lead vocal du Raam Dann pendant des décennies, s’apprête à sortir un album pour rendre «hommage à un ami, un camarade et un chanteur émérite». L’album qui est attendu incessamment, va être intitulé Thione. D’ailleurs, samedi passé, Oumar Pène a joué en exclusivité le titre éponyme de cet opus. D’un savant mélange de mbalax soft sur fond de world music, Oumar Pène commémore une «amitié sincère» en ressassant leurs souvenirs dans le texte. Le public de l’Institut français de Dakar a visiblement bien apprécié le morceau en le sanctionnant d’un tonnerre d’applaudissements. Et dire que ce spectacle a «failli être annulé à cause de l’interface numérique [de l’Institut français de Dakar] qui nous a lâchés. Il a fallu tout réinitialiser», a annoncé un des organisateurs. La grogne du public née des deux tours d’horloge d’attente avant de pouvoir gagner les places, a été vite dissipée quand la silhouette de «Baye Pène» est aperçue. Il faisait 22 heures passées et le ciel commençait à réunir les nuages en vue d’arroser Dakar. Malgré une météo capricieuse, personne ne voulait rater le retour de Baye Pène, confiné 2 ans par le Covid-19.

Un Omar sans «Pène»
Dès les premières notes de l’album Climat, Oumar Pène met tout le monde d’accord. Son talent n’a pas pris une ride même si physiquement, le leader du Super Diamono n’a plus ses jambes de 30 ans. Il se contente de jouer sa partition en restant droit dans ses bottes sans mouvement dans ce qu’il convient d’appeler un spectacle collectif. Tout commence avec le titre Loutax (Pourquoi, en français). Sur fond de reggae avec la présence remarquée et assumée du Sabar, Oumar Pène s’interroge sur la relation humaine avec comme point de dénonciation la médisance. Le public acquis à sa cause, se contente de hocher la tête comme pour marquer son approbation au discours religieusement écouté. A la fin du morceau, des applaudissements nourris aux allures d’intermède viennent sanctionner la performance musicale. Le leader du Super Diamono enchaîne sur ce tempo comme s’il faisait une course contre la montre. Après l’enchaînement des 4 premiers titres de Climat, il est aisé de comprendre Oumar Pène quand il dit qu’il n’est là que pour chanter en présentant ses musiciens. Les guitaristes, le batteur, le claviste ainsi que les chœurs ont rendu une copie plus que parfaite. Qui pousse à s’interroger sur l’utilité d’une «mbalaxisation» à outrance de la musique sénégalaise au vu des talents présents sur la scène de l’Ins­titut français de Dakar. Après cette première partie, Oumar a avoué «être en préparation pour le grand bal des fans de Diamono qui sera organisé au mois de décembre prochain». A cet effet, il a plongé le public dans son riche répertoire. Il suffit d’entendre les premières notes de Say say pour réchauffer le public. Les plus téméraires s’amassent devant la scène pour esquisser des pas de danse que la nouvelle génération qualifierait sans doute de «has been». Pendant ce temps, d’autres se sont levés des sièges pour accompagner le morceau. Ça sera le même cas de figure pour Diamono, ku baax et Merci. Malheu­reu­sement la pluie n’a pas jugé nécessaire de laisser les fans savourer plus longtemps ces retrouvailles tant souhaitées après 2 longues années de terreur causées par le Covid-19. Avec Oumar, c’était sans Pène samedi dernier. Vivement décembre !
mgaye@lequotidien.sn

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