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L’ONLCC dénonce l’opacité entourant un contrat sécuritaire de 542 millions de dollars

L’Observatoire National de Lutte contre la Corruption (ONLCC) informe l’opinion publique qu’une année s’est écoulée depuis que le gouvernement, en collaboration avec un groupe de contractants étrangers dirigé par Erik Prince, utilise des drones sur le territoire haïtien, sans qu’aucun résultat tangible ne soit constaté.

Plus préoccupant encore, aucune communication officielle n’a été faite concernant le montant exact de ce contrat qui, selon des sources concordantes, oscillerait entre 45 et 46 millions de dollars américains. Ce contrat, exécuté dans une opacité totale avec des fonds issus du Trésor public, n’a permis ni l’arrestation ni la neutralisation des principaux chefs de la coalition dénommée « Viv Ansanm ».

Par ailleurs, l’ONLCC a appris par voie de presse que le contrat attribué à la firme Ever Green aurait été validé par la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA) pour une durée de dix (10) ans, pour un montant de 542 634 238,00 dollars américains. Il s’agirait d’un contrat de gré à gré, sans appel d’offres, prévoyant le versement anticipé de 13 600 000,00 dollars au titre de frais de mobilisation.

Selon des informations publiées par le journal Le Nouvelliste, ce dossier aurait pourtant été initialement retourné par la Cour des comptes en raison d’irrégularités majeures.


Interrogations majeures

Face à ces révélations, l’ONLCC pose les questions suivantes :

  1. Pourquoi la Cour des comptes, après avoir relevé des vices substantiels, a-t-elle finalement validé ce contrat ?
  2. Un engagement financier d’une telle ampleur ne devrait-il pas obtenir l’aval du Parlement afin d’écarter tout soupçon de malversation ?
  3. En l’absence de Parlement fonctionnel, un débat national préalable n’aurait-il pas été indispensable ?
  4. Pourquoi ces ressources ne sont-elles pas investies prioritairement dans le renforcement des Forces Armées d’Haïti (FAd’H) et de la Police Nationale d’Haïti (PNH) ?
  5. D’où provient cette opacité persistante dans la gestion des deniers publics ?

L’Observatoire critique vivement tant la Cour des comptes que l’Exécutif pour avoir facilité la conclusion de ce contrat.

Il convient de rappeler que M. Erik Prince, fondateur de l’ancienne société Blackwater, a fait l’objet d’une amende de 42 millions de dollars imposée par la justice américaine pour violation des règles d’exportation d’armes. Par ailleurs, des médias internationaux, dont The New York Times, ont rapporté l’implication de sa société dans des incidents graves ayant causé la mort de civils à Bagdad en 2007.

L’ONLCC estime qu’en validant un contrat décennal d’une telle envergure, la CSCCA et le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé exposent l’État haïtien à des risques majeurs, tant en matière de souveraineté nationale que de dérives potentielles liées à la corruption, tout en suscitant des inquiétudes quant à une possible pérennisation de l’insécurité.

Dans un souci de transparence et de responsabilité, l’ONLCC appelle les forces vives de la Nation, la société civile organisée et les acteurs politiques à se prononcer sans délai sur ces choix sécuritaires coûteux qui, à ce jour, n’ont produit aucun résultat probant.


Pour authentification :
Ricardo Fleuridor
Directeur Exécutif, ONLCC

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