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Le MUTH avertit : changer de gouvernement maintenant, c’est précipiter Haïti dans l’abîme

Par Valescot Wilgins — Le Mouvement Unifié des Transporteurs Haïtiens (MUTH), par la voix de son coordonnateur Duclos Bénissoit, tire la sonnette d’alarme face aux remous politiques qui secouent Haïti. Dans une déclaration accordée à notre rédaction, le leader syndical rejette catégoriquement toute tentative de remplacement du Premier ministre Alix Didier Fils Aimé avant la tenue des prochaines élections, prévues à l’issue du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) en février 2026.

Pour M. Bénissoit, une rupture à ce stade du processus ne ferait qu’aggraver l’instabilité chronique qui ronge le pays. « On ne peut pas bâtir la paix sur des fondations fragiles. Ce gouvernement, malgré ses limites, représente un point d’ancrage. Il faut lui permettre d’achever sa mission électorale », affirme-t-il avec conviction.

Le dirigeant du MUTH rejette également toute ingérence étrangère. Selon lui, les institutions régionales telles que l’OEA ou la CARICOM ne sauraient imposer de solutions durables aux maux d’Haïti. « Ce pays ne peut pas être en éternelle tutelle diplomatique. Il est temps de reprendre notre destin en main », insiste-t-il.

Critique envers les élites politiques, qu’il accuse de saboter les efforts de stabilité par des querelles partisanes, il dénonce une classe dirigeante « prisonnière de ses intérêts égoïstes », alors que la population endure quotidiennement la misère, l’insécurité et le désespoir. « Tant que l’État ne se stabilisera pas, aucune élection crédible ne sera possible », prévient-il.

Duclos Bénissoit plaide donc pour la consolidation d’un cadre gouvernemental transitoire, piloté par des figures déjà investies, afin d’éviter un nouvel effondrement. Il appelle à une continuité pragmatique, appuyée par un plan de sécurité cohérent, validé par les accords de transition.

En ces temps incertains, le MUTH réaffirme sa posture de veille citoyenne. Pour son coordonnateur, le message est limpide : « La priorité n’est pas de changer de tête, mais de sauver ce qu’il reste du navire. »

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