
Port-au-Prince, mardi 4 novembre 2025.- Les agents du Centre National des Équipements (CNE) ont investi ce matin devant le Ministère de l’Économie et des Finances (MEF), pour exiger le versement de plus de douze mois d’indemnités impayées. Cette action, organisée par leur syndicat, a été motivée par le non-respect d’une décision adoptée en Conseil des ministres.
La mobilisation a rapidement été perturbée par l’intervention de la police, qui a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les employés. Plusieurs manifestants ont été contraints de quitter les lieux, dénonçant une répression disproportionnée.
Wildrick Séjour, président du syndicat des employés du CNE, a dénoncé « un blocage arbitraire » et rappelé que « la décision du Conseil des ministres est claire : nos indemnités doivent être versées sans délai ». Il a condamné la réaction policière et insisté sur le caractère légitime de la protestation.
“Ce que nous demandons n’est pas une faveur, c’est le respect de nos droits en tant que fonctionnaires. Chaque jour de retard compromet nos familles et notre stabilité”, a-t-il ajouté, soulignant que les travailleurs continueront leurs actions jusqu’à obtention des paiements.
Le ministre de l’Économie et des Finances, Alfred Métellus, est au centre des critiques. Les syndicats affirment qu’il retarde délibérément l’exécution de la décision gouvernementale, alors même qu’elle a été approuvée en Conseil des ministres. Certains observateurs y voient un calcul politique, dans un contexte où le ministre chercherait à affaiblir la position du Premier ministre Alix Didier Fils.
Face à cette situation, les employés réclament la révocation du ministre, estimant qu’il met en péril la crédibilité de l’État et bafoue les principes de bonne gouvernance.
La mobilisation de ce mardi souligne l’urgence pour le gouvernement d’honorer ses engagements envers les fonctionnaires. Les employés du CNE réaffirment leur détermination et appellent à un dialogue constructif pour résoudre la situation.
Valescot Wilgins
