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Haïti : Nou Pap Konplis réclame un nouveau leadership à l’ULCC

Port-au-Prince, 30 septembre 2025 – Le mouvement citoyen Nou Pap Konplis réclame un tournant décisif dans la lutte contre la corruption en Haïti. Dans une déclaration publique, le regroupement appelle à la démission immédiate du directeur général de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC), Hans Josephe, qu’il accuse de manquements graves, et plaide pour une réforme structurelle de l’institution.

Selon les responsables du mouvement, l’ULCC, créée en 2004 pour défendre la probité dans la gestion des affaires publiques, s’est trop souvent écartée de sa mission initiale. Elle serait devenue, affirment-ils, un instrument politique utilisé à des fins de pression et de règlements de comptes.

Une réforme jugée indispensable

Nou Pap Konplis insiste sur la nécessité d’un nouveau cadre légal afin d’assurer une véritable indépendance de l’organisme. Le mouvement propose notamment :

La nomination d’un président pour un mandat limité et non révocable par l’exécutif ;

La mise en place d’un collège de conseillers chargés d’accompagner la gouvernance ;

Un budget autonome, similaire à celui alloué à la Cour des comptes.

Ces mesures, expliquent les militants, viseraient à protéger l’ULCC contre les ingérences politiques et à renforcer la crédibilité de ses enquêtes.

Dans son communiqué, le mouvement reproche à Hans Josephe d’avoir éludé certains dossiers sensibles, comme ceux liés au Fonds National de l’Éducation (FNE). Pour Nou Pap Konplis, cette attitude traduit une gestion sélective des enquêtes, qui sape la confiance du public envers l’institution.

Par ailleurs, des plaintes et témoignages visant directement le directeur général viennent accentuer la méfiance. « Celui qui incarne la lutte contre la corruption doit être irréprochable », souligne le mouvement, qui estime qu’aucun soupçon ne peut planer sur un tel poste de responsabilité.

Face à ces constats, Nou Pap Konplis demande au gouvernement de placer rapidement la question à l’ordre du jour d’un prochain Conseil des ministres. Selon l’organisation, seule une direction renouvelée et un cadre réformé permettront de redonner à l’ULCC l’autorité nécessaire pour combattre efficacement la corruption.

Le mouvement conclut en réaffirmant son engagement en faveur de la transparence et de la bonne gouvernance. Pour lui, une ULCC indépendante et crédible est l’une des conditions essentielles pour rétablir la confiance des citoyens dans les institutions publiques.