
Alors que le compte à rebours est engagé avant le 7 février, le Rassemblement National des Forces Organisées (RANFO) tente de repositionner le débat politique. Réuni en conférence de presse à Pétion-Ville, le regroupement plaide pour une médiation institutionnelle afin de rapprocher les acteurs et de rationaliser les multiples initiatives de sortie de crise.
Dans un contexte marqué par l’incertitude institutionnelle et la fragmentation des propositions politiques, le RANFO entend changer la dynamique. Lors de sa prise de parole devant la presse, la plateforme a mis en avant une approche axée sur la médiation plutôt que sur la confrontation ou la compétition d’accords.
Les responsables du regroupement ont souligné que la prolifération de documents politiques concurrents contribue à entretenir la confusion. Leur objectif, disent-ils, est de canaliser les différentes propositions existantes afin de dégager une orientation commune, susceptible de répondre aux exigences du moment.
Pour A. Rodon Bien-aimé, ancien parlementaire, la priorité est désormais de recréer un cadre de confiance entre les protagonistes. Il estime que le pays ne peut plus se permettre des démarches isolées et appelle à un recentrage du débat autour d’un processus inclusif, fondé sur l’écoute et le compromis.
Dans cette optique, le RANFO annonce son intention de saisir formellement plusieurs institutions nationales, considérées comme crédibles et non partisanes. Parmi elles figurent la Cour de cassation, l’Office de la Protection du Citoyen (OPC), le Haut État-Major des Forces armées d’Haïti, la Fédération des Barreaux ainsi que “La religion pour la paix. Ces entités seraient appelées à jouer un rôle de tiers facilitateur, en réunissant l’ensemble des acteurs politiques et sociaux autour d’une même table.
Me Iswick Théophin, avocat et membre du regroupement, insiste sur la nécessité de confier cette tâche à des instances dépourvues d’agenda politique. Selon lui, seule une médiation exercée par des acteurs institutionnels respectés peut permettre de dépasser les méfiances réciproques et d’aboutir, dans un délai resserré, à un compromis viable.
Un autre intervenant, Canova Jean-Baptiste, a rappelé que le dialogue attendu ne saurait se limiter à un simple échange formel. À ses yeux, il doit aborder sans détour les divergences entre le pouvoir en place, les forces politiques et les composantes de la société civile. Il estime que cette démarche pourrait conduire à l’émergence d’une formule transitoire consensuelle, évoquant la piste d’un exécutif bicéphale, sans en figer les contours à l’avance.
Au-delà des considérations institutionnelles, les responsables du RANFO affirment que la finalité de toute solution politique doit rester l’amélioration concrète des conditions de vie de la population. La restauration de l’autorité de l’État, le rétablissement de la sécurité et l’organisation des élections figurent, selon eux, parmi les priorités immédiates.
Par : Valescot Wilgins
