
Port-au-Prince, 1er juin 2025.- Face à la désintégration institutionnelle et à la crise multidimensionnelle qui ravagent Haïti depuis plus de trois ans, des organisations sociopolitiques enracinées dans les quartiers populaires, les milieux académiques, religieux et jeunes se sont unies pour adresser une lettre ouverte percutante aux principales instances internationales. Cette initiative marque un tournant dans la mobilisation citoyenne pour une sortie de crise souveraine et inclusive.
Adressée à Son Excellence Albert Ramdin (OEA), Son Excellence Dr. Carla Barnett (CARICOM) et Madame María Isabel Salvador (BINUH), la lettre appelle à un appui franc et résolu en faveur du Comité d’Initiative de la Transition (CIT) présenté comme une alternative légitime, enracinée dans la réalité haïtienne, et fondée sur un devoir de vérité et de justice.
Les signataires, parmi lesquels figurent Réginald Gédéon (KONJE), Lila Zéphirin (REFANIP) et Jameson Joseph (RECIBOG), dénoncent l’échec répété des dispositifs internationaux provisoires et appellent à une rupture radicale avec les modèles de gouvernance imposés ou manipulés de l’extérieur. Ils réclament un changement de paradigme, porté par les forces vives du pays jeunesse, femmes, diaspora, universitaires, quartiers.
La feuille de route du CIT s’articule autour de quatre axes stratégiques :
Une restauration urgente de la paix publique,
Une gouvernance transitoire crédible,
Une refondation institutionnelle inclusive,
Des élections d’ici 2026.
Dans un ton à la fois grave et déterminé, la lettre insiste pour que la communauté internationale :
- Reconnaisse officiellement le CIT comme interlocuteur légitime,
- Cesse toute collaboration avec des autorités discréditées,
- Appuie une transition strictement haïtienne, avec un accompagnement technique non intrusif,
- Organise sans délai une rencontre de haut niveau avec les représentants du CIT.
Par ailleurs, les signataires réitèrent leur soutien à la désignation d’Audain Fils Bernadel comme Premier ministre de la transition, saluant sa proximité avec le terrain et sa capacité à rétablir les ponts dans un pays fracturé.
Ce cri lancé par les forces citoyennes haïtiennes est un appel clair à la responsabilité des partenaires internationaux : sans légitimité populaire, il n’y aura ni paix durable, ni gouvernance viable. L’heure n’est plus à la gestion diplomatique des apparences, concluent-ils, mais à un sursaut de courage moral pour respecter enfin la souveraineté du peuple haïtien.
