
La poésie n’a pas toujours besoin de ruptures spectaculaires pour se renouveler. Parfois, elle avance grâce à une rencontre juste, à une parole tenue, à un regard qui autorise sans contraindre. Alphabet Intime est né de cette lente maturation. Dans ce processus, certaines rencontres humaines jouent un rôle décisif, non par leur éclat, mais par leur cohérence et leur profondeur.
Clément II BENOÎT y écrit avec une attention renouvelée au détail, au silence et à la mémoire. Les mots sont sobres, les images retenues. Le texte s’installe dans une posture d’équilibre, loin de toute exagération. Cette justesse s’enracine aussi dans des échanges sincères avec des femmes engagées dans le réel, dont Marthe RABBIOSI, dont la parole et l’action offrent à l’écriture une mesure et une stabilité.
Les figures féminines qui traversent l’œuvre ne sont pas mises en vitrine. Elles sont debout, ancrées dans le réel, conscientes de leur place dans le monde. Elles influencent l’écriture par leur manière d’exister, non par leur simple présence. Marthe RABBIOSI s’inscrit dans cette lignée de femmes qui inspirent sans se laisser réduire à une image, par leur engagement, leur responsabilité et leur manière d’habiter le monde.
Les lieux parcourus deviennent des repères intimes. Chaque ville apporte une nuance, une respiration, une tonalité particulière. Ensemble, elles forment une cartographie intérieure où l’émotion trouve sa forme la plus juste. Ces espaces sont aussi des lieux de rencontre et de dialogue, où certaines présences humaines laissent une empreinte durable sur l’écriture.
Alphabet Intime affirme ainsi une poétique de la discrétion. Une œuvre où l’essentiel se dit sans bruit, où l’inspiration accompagne sans dominer, et où l’écriture retrouve sa fonction première : habiter le monde avec attention. Dans cette discrétion assumée, la présence de Marthe RABBIOSI demeure perceptible, non comme un centre, mais comme une force tranquille qui aide l’écriture à rester debout.
