
Le Réseau haïtien des journalistes anti-corruption (RHAJAC) dénonce avec fermeté la validation d’un contrat de 542 634 238 dollars américains au profit de la société Evergreen Trading System Limited, liée à Éric Prince. Dans un communiqué rendu public le 25 février 2026, l’organisation affirme que cet acte est « juridiquement entaché d’illégalité » et institutionnellement vicié.
Selon le RHAJAC, l’approbation du contrat par la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSC/CA) soulève de graves interrogations sur les plans légal et constitutionnel.
L’organisation rappelle que le mandat des membres de la CSC/CA serait arrivé à expiration depuis le 6 avril 2024, sous la gouvernance du Premier ministre Ariel Henry. « Une institution dont les membres sont en situation de mandat échu ne peut valablement engager l’État sur un contrat de dix ans d’une telle ampleur », précise le communiqué.
Le réseau souligne également que le pays fonctionne sans Parlement opérationnel. Dans ce contexte de vide institutionnel, un engagement stratégique de plus de 542 millions de dollars — touchant à la souveraineté sécuritaire et budgétaire nationale — aurait été validé sans contrôle législatif ni débat démocratique.
Pour le RHAJAC, l’importance financière et stratégique d’un tel contrat exige un cadre institutionnel régulier, transparent et incontestable. « Ce cadre n’existe pas aujourd’hui », soutient l’organisation, estimant que la combinaison de mandats expirés et de vacance parlementaire constitue un vice de légitimité susceptible d’entraîner la nullité de l’acte.
Face à cette situation, le RHAJAC formule deux demandes majeures :
- la suspension immédiate de l’exécution du contrat ;
- la publication intégrale des documents contractuels.
L’organisation considère qu’un engagement d’une telle portée doit impérativement attendre la mise en place d’un Parlement fonctionnel et d’institutions indépendantes en mesure d’en assurer l’analyse, le contrôle et la transparence.
« La lutte contre l’insécurité ne peut servir de prétexte pour contourner l’État de droit », avertit le réseau, qui s’interroge également sur la capacité des membres de la CSC/CA à agir en toute indépendance en fin de mandat, dans un contexte marqué par l’absence de contre-pouvoir institutionnel.
Le communiqué est signé par Djovany Michel, secrétaire général du RHAJAC.
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