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Affaire MJSAC/ULCC : l’enquête sur les fonds du 18 mai entre vérifications concrètes et soupçons d’acharnement

Port-au-Prince, le 7 novembre 2025.- L’enquête menée par l’Unité de Lutte contre la Corruption (ULCC) autour de la gestion des fonds destinés à la commémoration du 18 mai par le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique (MJSAC) continue d’alimenter le débat public. Si certains y voient une démarche légitime de transparence, d’autres y perçoivent les signes d’un acharnement sélectif contre la ministre Sarah Lyn Niola Dévalis Octavius.

Dans le sillage des controverses suscitées par l’organisation des festivités du drapeau, l’ULCC a entrepris une série d’auditions visant plusieurs institutions publiques et fournisseurs ayant collaboré avec le MJSAC.

Ces opérations, qui s’inscrivent officiellement dans une logique de vérification des dépenses publiques, ont toutefois provoqué une polarisation au sein de l’opinion. Tandis que les partisans d’une gouvernance rigoureuse saluent le contrôle engagé, d’autres dénoncent une volonté de fragiliser une ministre présentée comme proche de certaines figures de l’exécutif.

Afin de vérifier la véracité des accusations relayées dans certains milieux, un groupe de journalistes indépendants s’est rendu sur le terrain pour inspecter plusieurs entreprises mentionnées dans le rapport préliminaire de l’ULCC.

Les observations faites lors de ces visites tendent à accréditer la thèse d’une activité réelle : adresses valides, documents comptables disponibles (pro-forma, bons de livraison, reçus), et marchandises effectivement produites et livrées, notamment drapeaux, banderoles, maillots et accessoires destinés aux célébrations du 18 mai.

Ces constats, bien que partiels, jettent un éclairage nouveau sur un dossier jusque-là dominé par des spéculations et des jugements hâtifs.

Si l’ULCC réaffirme sa mission de contrôle impartial, plusieurs observateurs pointent du doigt une forme de « sélectivité » dans les dossiers ouverts. Certains y voient une illustration des tensions récurrentes entre la nécessaire transparence de la vie publique et les usages politiques possibles de la lutte contre la corruption.

L’affaire MJSAC, au-delà de son aspect administratif, cristallise ainsi un enjeu plus large : celui de la crédibilité des institutions de contrôle et de la cohérence de leur action face aux attentes d’une population de plus en plus méfiante.

Aucune conclusion définitive n’a encore été rendue publique. Toutefois, les premiers éléments recueillis sur le terrain semblent contredire l’idée selon laquelle les fonds auraient été totalement détournés ou mal utilisés.

Dans un contexte où la confiance envers les institutions demeure fragile, l’évolution de cette affaire sera suivie de près par l’opinion comme par la presse.

Par Valescot Wilgins