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A 24 H DE LA TAMKHARITE : Le marché du poulet bien approvisionné

La Tamkharite sera célébrée ce mercredi 19 septembre. Une fête qui rime avec la consommation de poulets avec le couscous qui est le plat principal du jour. De ce fait, la vente de volaille devient une activité qui marche très bien. Les vendeurs affûtent leurs armes et rassurent les consommateurs. Pour eux, les poulets seront disponibles en quantité et pour toutes les bourses.

Marquant le 10ème jour du nouvel an musulman, la Tamkharite ou Achoura est fêtée au Sénégal avec quelques aspects culturels, à l’image de la préparation du couscous au repas du soir. Un plat généralement fait de poulets. Du coup, le commerce de la volaille est le business en vogue. Dans les marchés, les lieux aménagés pour la vente de poulets connaissent déjà l’ambiance de veille de fête. C’est le cas au marché Grand Yoff. A l’endroit réservé à la vente de volaille, l’atmosphère de l’approche de la Tamkharite a fini de s’installer. La très forte disponibilité des poulets renseigne que les vendeurs ont commencé à s’approvisionner pour faire face à la demande qui, sans doute, sera très importante avec cette fête. Dans ce lieu, les passagers doivent faire preuve de subtilité pour ne pas marcher sur les poulets posés sur le sol. Assis sur des chaises, les vendeurs devisent tout en guettant une éventuelle clientèle qui se présente, selon les commerçants, au compte-goutte. «Pour l’instant, on ne voit pas beaucoup de clients. Il y en a qui viennent mais ils ne sont pas nombreux. Mais d’ici samedi, ils vont venir en masse », déclare Modou Faye, un vendeur de poulets, trouvé au marché Grand Yoff. Des lunettes noires flanquées au visage et un bonnet vert sur la tête, il affirme, par ailleurs, que les commerçants ont pris toutes leurs dispositions pour éviter un manque de poulets. Mieux, Faye guinaar écarte toute idée de pénurie. A l’en croire, la volaille sera disponible et pour toutes les bourses. «Le marché est suffisamment approvisionné, il y’en aura en nombre suffisant», rassure-t-il.

Variant entre 2 500 et 5 000 fcfa, les prix des poulets dépendent des catégories. En effet, les poulets du pays sont, de l’avis des vendeurs, plus chers. Et, pour Madjaté Seck, un autre vendeur, cette cherté est due au fait que cette volaille est mieux comparée à celle importée. Ce qui fait qu’elle est sollicitée par les gens qui ont des revenus assez consistants. «Ce n’est pas tout le monde qui mange ces poulets parce qu’ils coûtent chers», laisse entendre Seck ndanaan.

«Les Tong-tong ne nous arrangent pas»

Habitués à faire de bonnes recettes lors des fêtes comme la Tamkharite ou la Korité, les marchands de poulets déplorent l’organisation de Tong-tong qui, à leurs yeux, réduisent leurs bénéfices.

«Les Tong-tong font l’affaire des couches démunies. Car avec 10 000 fcfa, ils peuvent avoir plus de 7 kilogrammes de viande, alors qu’avec quatre poulets, ils n’ont pas cette quantité. Du coup, ils optent pour ce genre d’opération. Ce qui ne nous arrange pas», fustige le sieur Seck. Lui emboîtant le pas, Modou Faye estime, cependant, que la Tamkharite est plus propice que la Korité. Ce parce que, selon lui, les ménagères tiennent à préparer le couscous avec du poulet.

S’agissant des gains tirés du commerce de poulets, Modou Faye souligne que pour chaque poulet, ils peuvent gagner 200 à 300 fcfa. «Si on se procure un poulet à 3 000 fcfa, par exemple, on peut le revendre à 3 200 ou 3 250 fcfa. Ce n’est pas beaucoup mais si on en vend jusqu’à 200, les bénéfices seront assez intéressants», explique-t-il.

Interpellés sur l’idée d’ouvrir le marché de la volaille aux Américains, les vendeurs de poulets restent sceptiques. Selon eux, cela va tuer leur business qui est leur principal gagne-pain. «Nos éleveurs ont produit une quantité suffisante pour les Sénégalais. Donc, on n’a pas besoin de l’importation de poulets», fait remarquer Madjaté Seck. Ainsi, ils sont contre cette idée d’ouvrir les portes du marché de la volaille aux Américains. Car ce serait le début de la fin de leur activité qui leur rapporte gros, surtout lors des fêtes comme la Tamkharite.

Thierno B. LOUM

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