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Togo – HAPLUCIA/Essohana Wiyao : « la corruption ne recule pas encore dans notre pays »

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La Haute Autorité de Prévention et de Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilées (HAPLUCIA) poursuit sa mission de prévention et de lutte contre le fléau de la corruption au Togo. Sur le volet prévention, une campagne nationale de sensibilisation a été lancée depuis septembre 2018 sous le thème : « participation citoyenne à la lutte contre la corruption et les infractions assimilées ». L’objectif dévolu à cette campagne est la « conscientisation et la mobilisation des citoyens contre le fléau de la corruption », avec en ligne de mire l’inauguration d’une ère « de tolérance zéro ».

La police et la gendarmerie constituent également un maillon important de la chaîne de lutte lutte contre ce fléau qui gangrène l’économie des pays. Des éléments de la police et de la gendarmerie sont en atelier de sensibilisation  ce jeudi 20 septembre à Lomé à l’initiative de la HAPLUCIA.

Au cours des travaux ils recevront les clés pour mieux cerner la subtilité du fléau et les moyens de le réduire considérablement.

Le constat de l’autorité de lutte contre la corruption est sans appel, « la corruption ne recule pas encore dans notre pays ; elle reste encore préoccupante. », selon le président de la HAPLUCIA qui a saisit l’occasion pour « plaider en faveur du renforcement de la collaboration et de la coopération entre la justice, la police judiciaire » et son institution.

Les autorités togolaises ont montré une bonne volonté dans la lutte contre la corruption, mais le pays reste toujours très mal noté. Le Togo n’obtient que 3/10 sur les indices de perception de la corruption de Transparency International, la Banque Mondiale et la BAD. L’urgence est de renverser cette tendance au Togo « pour qu’il soit économiquement et financièrement propre pour être un pays attractif aux investisseurs nationaux et étrangers. » a martelé le ministre de la sécurité et de la protection civile le Général Damehame Yark. « L’heure n’est donc plus à l’absentéisme, aux faux et usage de faux, aux rackets, aux pots-de-vin, au-dessous de table, aux abus de fonctions et de pouvoirs, au trafic d’influence, à l’enrichissement illicite, au laxisme, au déni de justice, etc » a-t-il poursuivi à l’ouverture du séminaire.

Les autorités togolaises ont commencé par matérialiser leur volonté de lutte contre la corruption par des actes concrets dont la mise à disposition des populations d’un numéro vert (1014) pour la dénonciation des actes de corruption.

Mais de l’avis général, on attend des actes plus concrets comme des sanctions pénales à l’encontre des personnes reconnues coupables de ce genre d’acte. Malheureusement une sorte d’impunité semble régner. Le Bureau américain de la Démocratie, des Droits de l’homme et du Travail, dans son rapport 2018 sur les pratiques en matière des droits de l’homme au Togo fait le constat que « bien que le loi prévoit des sanctions pénales pour la corruption des fonctionnaires, le gouvernement ne les a pas appliqués efficacement et les fonctionnaires se livrent fréquemment à des pratiques de corruption en toute impunité… »

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