Politique

Présidentielle : pourquoi Faure Gnassingbé est-il en passe d’avoir un quatrième mandat sans difficulté ?

©linformateur.net – 12 janvier 2020 – 19h38

Dans quelques semaines les Togolais se rendront aux urnes pour élire le prochain président de la République. En attendant le verdict de la Cour constitutionnelle sur la validation des dossiers de candidature, ils sont dix à vouloir briguer la succession de l’actuel président. Mais tout laisse croire que Faure Gnassingbé, candidat à sa propre succession pour un quatrième mandat, est en face d’un boulevard grand ouvert par ses adversaires.

À l’analyse de la situation sociopolitique actuelle, il ne fait plus l’ombre d’aucun doute pour tout analyste sérieux que le président sortant s’achemine vers une victoire facile, et ceci dès le premier tour. Quelques indices permettent fatalement d’aboutir à une telle conclusion.

Terrain politique délaissé…

Aussi curieux que cela puisse paraître, plusieurs candidats en lice pour la présidentielle ont abandonné complètement le terrain politique à leur adversaire.

Unir a pris d’assaut différentes localités depuis plusieurs mois déjà. Les cadres de même que les simples militants sont sur le terrain, expliquant encore et encore son projet de société, étant à l’écoute des moindres besoins exprimés. C’est le moment où les cadres du parti se font tout petit pour écouter et essayer de répondre au bas peuple. Opportunistes, dira-t-on, mais c’est aussi ça la politique, occuper le terrain.

Pendant ce temps, les adversaires sont à Lomé. Depuis qu’ils ont été portés candidats par leur formation politique, certains n’ont même pas encore franchi les limites d’Agoè-Nyivé pour toucher les populations. Curieuse manière de remporter une élection face à un sortant !

En dehors du Dr Thon et de Innocent Kagbara qui ont montré une grande capacité de proximité, le reste des candidats est enfermé dans les périmètres de la capitale, préférant le confort des studios radios et télés aux terrains. L’adversaire ne fait que se frotter les mains d’autan qu’au sein de l’opposition, ce n’est pas la grande amitié.

Opposition, la division comme dénominateur commun…

S’il y a une constance au sein de l’opposition togolaise, c’est qu’elle ne lésine pas sur les moyens pour se déchirer. Un véritable panier à crabes où l’égo prend le pas sur l’intérêt général.

Depuis les dernières municipales, l’opposition togolaise est allée de division en déchirement. Les leaders ont préféré s’attaquer par médias interposés que d’attaquer l’adversaire. Dans cette opposition, tout le monde a raison et c’est toujours l’autre qui a tort.

Et ces déchirements internes se font parfois avec des manières si viles qu’on eût cru être à un spectacle de gamins se disputant la dernière part d’un morceau de viande. Les flèches les plus empoisonnées sont toujours pour les congénères de l’opposition et jamais pour le pouvoir. Un spectacle qui laisse les populations complètement médusées.

Un peuple désabusé et attentiste…

La conséquence dramatique de ce spectacle est simplement la désaffection du peuple vis-à-vis de la chose politique. Le peuple observe et se désintéresse désormais de tout ce qui semble être lié à la politique.

Lors des municipales dernières, le taux de participation est descendu jusqu’à 52% faisant de l’abstention un véritable record. Et pourtant, tous les partis étaient présents à la compétition. Rien ne laisse croire que la présidentielle connaîtra un autre sort.

Le 22 février prochain, on risque d’assister à une nouvelle abstention record surtout que rien n’est fait par l’opposition pour remobiliser son électorat. Les élections ont démontré qu’au Togo, le pouvoir a un électorat fixe qui lui reste fidèle au fil des élections. Mieux encore, le pouvoir réussi à glaner des voix sur ce qui était considéré jusque-là comme fief de l’opposition, la chose ne se produisant pas dans le sens contraire.

Il n’y a manifestement aucune raison actuellement pour penser que la roue risque de tourner en défaveur du pouvoir.

Un quatrième mandat acquis ?

Le contexte semble être plus que jamais favorable au candidat du pouvoir pour un quatrième mandat sans grande difficulté. En face, les adversaires sont quasiment connus.

Les prétendants les plus sérieux, Jean-Pierre Fabre, Agbéyomé Kodjo, Aimé Gogué… ont déjà affronté Faure Gnassingbé et c’est lui qui est toujours sorti vainqueur. Pour cette fois-ci il n’y a pas de raison que le contraire se produise. À moins de deux mois de la présidentielle, on ne peut faire aucune campagne sérieuse et espérer créer une quelconque surprise.

Au lendemain du 22 février, pratiquement personne ne sera surpris que Faure Gnassingbé s’envole pour cinq autres années au sommet de l’État.

 

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