Politique

Agbéyomé Kodjo, la véritable cible de Unir ?

©linformateur.net – 14 février 2020 – 14h59

Plus d’une semaine après le démarrage de la campagne électorale pour la présidentielle du 22 février, le ton semble monter de plus en plus entre pouvoir et opposition. Les tirs verbaux croisés fusent de partout par médias ou meetings interposés. On ne se fait plus de cadeau que ce soit sur le réseaux sociaux ou dans la réalité physique de la campagne.

Un candidat semble particulièrement faire l’objet d’attention durant cette campagne, c’est l’ancien premier ministre Agbéyomé Kodjo. Celui qui se présente comme le candidat « unique » de l’opposition démocratique parait surveillé comme du lait sur du feu et ses moindres faits ou déclarations trouvent la réplique du côté de Unir.

Christian Trimua, Gilbert Bawara, Esso Solitoki, Charles Kondi Agba ou même Faure Gnassingbé lui-même, aucun de ces ténors de Unir ne ratent l’occasion d’envoyer une réplique bien nourrit en direction du candidat de la dynamique Kpodzro. Agbéyomé dérange-t-il tant ?

La remise du drapeau, symbole de l’État, dans une église à M. Kodjo, lui a valu une réponse directe du candidat Faure qui a trouvé l’acte indigne pour quelqu’un qui a occupé de très hautes fonctions. Pire, l’adresse d’Agbéyomé aux forces armées a été pour le numéro un togolais la goutte d’eau débordante. « Rarement on a vu Faure Gnassingbé dans un tel état », nous livre un analyste, au point de traiter l’auteur du discours d’ « individu« .

Les premiers lieutenants du candidat Faure s’y sont également mis. Sur plusieurs plateaux d’émission radio ou télé où ils ont été reçus, le sujet Agbéyomé a été au menu. « Agbéyomé est un vendeur de fruits et légumes, a lâché l’un d’eux sur une radio. A la saison des mangues il est avec nous et à la saison des papayes ils est avec l’opposition. ». Des propos qui visent à semer un doute sur la cohérence du candidat Agbéyomé dont le question de l’assise politique est aussi un talon d’Achille savamment utilisé pour le casser comme ce fut le cas de la part d’un autre cadre de l’Unir qui disait à son propos : « les seules fois où Agbéyomé Kodjo a pu se faire élire c’est quand l’opposition a boycotté les élections ».

Pour beaucoup d’observateurs, cette attitude est antinomique de la part du pouvoir qui présente au même moment l’ancien président de l’Assemblée nationale comme un candidat sans assise et donc sans danger. Pourtant il est celui qui semble en ligne de mir et qu’on cherche à fragiliser. Jean-Pierre Fabre dont le poids politique parait bien plus important que celui d’Agbéyomé est même un peu ménagé par Unir. La consigne parait avoir été donnée pour un « tous contre Agbéyomé ».

Il faut aussi dire que l’ancien directeur commercial de la SONACOM ne se prive pas pour descendre le bilan de celui qui gouverne le pays. Pour lui, Faure Gnassingbé à un bilan calamiteux et lui serait l’homme du redressement du Togo.

Pour l’heure, les altercations restent verbales et la classe politique togolaise a acquis une telle maturité au fil des années que tout de suite après les élections, ils donnent l’impression de tourner la page pour faire cap sur le prochain stade même si les contestations continuent. Tous sont conscients des enjeux de préservation de la paix et de la cohésion nationale.

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