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12 millions d’habitants, 7 millions d’électeurs : le fichier électoral guinéen suscite des interrogations

©linformateur.net – 14 février 2020 – 13h17

Les Guinéens s’apprêtent à aller aux urnes le 1er mars prochain pour des élections législatives et un référendum sur la nouvelle constitution. A deux semaines de ce rendez-vous qui intervient dans un contexte d’extrême tension entre pouvoir et opposition, la question du fichier électoral vient apporter de l’eau au moulin de l’opposition.

Selon les chiffres communiqués par la directrice du fichier électoral au sein de la Céni guinéenne, le nombre d’inscrits dépasse les 7 millions 7 cent mille électeurs. Un chiffre qui n’aurait pas attiré les regards si la population de la Guinée avoisinait les vingt millions par exemple. Seulement voilà, la Guinée compte une population d’un peu plus de douze millions d’habitants dont la moitié à moins de 18 ans selon le dernier recensement des personnes datant de 2018 publié par l’Institut National des Statistiques (INS).

Du coup se pose la question de savoir par quelle alchimie la Céni a pu obtenir un nombre de votants de 7 millions 764 mille 130 électeurs dans un pays ou 6 millions de personnes sont censées avoir moins de 15 ans. Djenabou Touré, responsable du département fichier électoral à la Céni pense que c’est à l’INS de revoir les statistiques de la population.

« Comparez cela aux statistiques de la population qui est estimée à 12 millions, je pense qu’il y a problème quelque part. Il faut revoir les statistiques de la population. Et est-ce que ce sont les mêmes méthodes que nous utilisons avec l’INS (Institut national des statistiques), je ne crois pas ? » a-t-elle déclaré.

En moyenne la population en âge de voter atteint rarement les 50% de la population totale partout au monde et ce ne sont pas non plus toutes les personnes en âge de voter qui s’inscrivent sur le fichier électoral. La moyenne des inscrits scientifiquement acceptable est de l’ordre de 35 à 45% de la population totale.

Le cas de la Guinée parait donc assez exceptionnel et pourrait résulter d’une tentative de fraude selon l’opposition. Mais la Céni refuse de se faire hara kiri, et dans un contexte déjà extrêmement tendu, c’est un argument supplémentaire que l’opposition exploite à volonté pour discréditer le processus.

 

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